Le jeûne sec : Médicament ou mise à mort silencieuse ?

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Le jeûne sec : Médicament ou mise à mort silencieuse ?

Religion et emprise

Leaders religieux, autorités spirituelles, des hommes de Dieu ou des Pasteurs mettent certains de leurs fidèles à la diète ou au jeûne sec pour pouvoir venir à bout de leurs maladies. Ces mêmes personnes vont jusqu’à prophétiser que dans leurs visions, tels fidèle de sexe masculin avaient été choisis par Dieu comme leurs côtes. Pire, il n’est pas rare que le Pasteur ou ces hommes de Dieu imputent ou accusent les malheurs, les blocages voire les maladies de certains par leurs géniteurs. Ceux-ci vont jusqu’à rompre tous liens avec ces derniers.

Abstinence extrême et manipulations prophétiques

Abstinence extrême, manipulations prophétiques et divisions familiales : le ver est dans le fruit sacré. En Afrique, le spirituel reste une autoroute vers le pouvoir social. Mais ce qui s’y passe dans certaines congrégations dépasse aujourd’hui l’entendement. De plus en plus de fidèles vulnérables deviennent la proie de soi-disant « hommes de Dieu » aux pratiques aussi douteuses que destructrices. Et cela se fait en silence, au nom d’une foi instrumentalisée.

Dans certaines églises dites de réveil, le jeûne n’est plus un acte de purification spirituelle, mais un traitement imposé contre la maladie. Des pasteurs autoproclamés exigent des jeûnes secs de plusieurs jours sans eau, sans nourriture, à des fidèles pourtant affaiblis, souffrants, parfois malades chroniques, sous prétexte que le mal est d’origine démoniaque. Résultat : déshydratations aiguës, malaises, et parfois même décès… dans l’indifférence ou la peur. Le diagnostic médical est rejeté ; seul compte ce que « l’Esprit a révélé ».

L’Église devient alors une clinique parallèle où les prescriptions sont des privations inhumaines, administrées sans aucune base scientifique mais sous couvert d’onction divine.

“Tu es ma côte” : le délire prophétique devenu doctrine matrimoniale

Autre dérive, plus insidieuse encore : le recours aux “visions” pour justifier des rapprochements affectifs douteux. Il n’est pas rare d’entendre un pasteur déclarer à une fidèle qu’elle est “sa côte”, une référence biblique à la création d’Ève à partir de la côte d’Adam. Derrière cette formule soi-disant céleste se cache en réalité un abus de pouvoir et une manipulation émotionnelle et sexuelle.

Des jeunes filles, souvent en quête de repères et d’acceptation, finissent dans les bras de leur « père spirituel », persuadées qu’il s’agit d’un plan divin. Qui osera contredire Dieu ? Qui osera défier un pasteur en chaire, micro à la main et Bible ouverte, s’autoproclamant canal exclusif de la volonté céleste ?

Géniteurs diabolisés, familles disloquées

Plus grave encore : ces mêmes « guides » spirituels pointent du doigt les parents des fidèles comme étant la source de leurs malheurs. « Ton père est un sorcier », « ta mère bloque ta destinée », « tu ne progresseras jamais tant que tu entretiendras des liens avec eux ». Ces propos, souvent assénés en public ou lors de soi-disant prières de délivrance, sèment une graine de doute mortelle.

Des enfants coupent les ponts avec leurs familles. Des mères accusées de sorcellerie tombent dans la dépression. Des pères meurent dans la solitude. Et le tissu familial, déjà mis à rude épreuve par les crises économiques, éclate sous les coups de prophéties toxiques.

« Ce que l’on observe ici n’a plus rien à voir avec la spiritualité, mais tout à voir avec l’emprise sectaire. Car ces guides religieux manipulent non seulement les esprits, mais aussi les émotions, les finances et les corps. »

L’impunité et le silence de la société

Ils prospèrent dans la confusion entre foi et fatalisme, entre révélation et délire, entre pouvoir spirituel et autorité tyrannique. Le drame, c’est que la loi reste impuissante à encadrer ces abus. Les fidèles, eux, sont trop souvent dans une soumission aveugle, confondant respect pour le sacré et abdication de leur discernement.

Il est temps que la société dans son ensemble reprenne le contrôle du débat religieux. Les familles doivent oser poser des questions. Les médias doivent alerter sans peur. L’État doit encadrer les pratiques religieuses sans fausse pudeur. Car la foi ne doit jamais être un permis de tuer, d’abuser ou de diviser.

La foi est une lumière, pas une chaîne. Et un vrai guide spirituel est un berger qui protège ses brebis, non un prédateur déguisé.

« Quand un homme de Dieu vous dit de couper avec votre famille, demandez-vous s’il vous guide vers Dieu… ou vers lui-même. »

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